Le saviez-vous ?
Ce cancer est fortement lié à l’âge : il est rare avant 50 ans et c’est autour de 70 ans que le nombre de cas est le plus élevé. Il touche également plus fréquemment les hommes ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate et les personnes d’origine africaine ou antillaise. Le cancer de la prostate représente la deuxième cause de décès par cancer chez les hommes derrière le cancer colorectal : les trois quarts des décès ont lieu après 75 ans.
Le dépistage : comment ça fonctionne ?
Le dépistage du cancer de la prostate repose sur le toucher rectal et le dosage du PSA (Antigène Prostatique Spécifique), mais il n’est pas recommandé de manière systématique en France en raison de bénéfices incertains.
- Le toucher rectal :
Cet examen de la prostate, inconfortable mais indolore, permet au médecin de vérifier le volume, la consistance et la texture sur une partie de la prostate. Un toucher rectal normal n’exclut pas un cancer car cet examen ne permet de détecter que des tumeurs palpables.
- Le dosage de PSA via une prise de sang
Le PSA (antigène prostatique spécifique) est une protéine produite par la prostate et présente normalement en petite quantité dans le sang.
Si votre taux de PSA est élevé, cela peut être lié à la présence d’un cancer de la prostate et donc permettre de le détecter à un stade précoce, avant l’apparition d’éventuels symptômes. Cependant, un dosage élevé ne signifie pas toujours que vous avez un cancer. En effet, d’autres maladies (hypertrophie de la prostate, prostatite ou infection urinaire) peuvent aussi augmenter le taux de PSA dans le sang. Face à une augmentation du PSA, des examens complémentaires (dont des biopsies) seront le plus souvent prescrits pour vérifier la présence d’un cancer. Dans 70% des cas, il s’avère qu’un dosage du PSA élevé n’était en réalité pas lié à un cancer de la prostate et a inquiété l’homme à tort.
Un taux de PSA faible signifie, dans 90% des cas, qu’il n’y a pas de cancer de la prostate. Toutefois, il peut arriver qu’un taux de PSA soit faible, alors qu’un cancer est présent (10% des cas).
Il existe des précautions à prendre avant de réaliser un dosage de PSA (éviter de le réaliser dans les jours suivant un rapport sexuel ou un toucher rectal). Parlez-en avec votre médecin.
A noter
Si ces examens peuvent permettre de se rassurer ou de donner une indication précoce de développement d’un cancer de la prostate, ils peuvent également passer à côté d’un cancer et vous rassurer à tort. Inversement, ils peuvent amener à faire inutilement une biopsie voire à recevoir un traitement, pouvant être à l’origine de complications.
Par ailleurs, les modalités d’utilisation de ces examens en tant que tests de dépistage (intervalle entre les dépistages, taux au-dessus duquel un dosage du PSA devrait être considéré comme anormal) ne font pas consensus et la conduite à tenir par le médecin en cas de dosage considéré comme anormal n’est pas standard.
La biopsie
La biopsie peut être prescrite par votre médecin si :
- une anomalie est détectée au toucher rectal (quelle que soit la valeur du dosage de PSA) ;
- votre dosage du PSA est élevé.
Elle permet de confirmer ou non la présence de cellules cancéreuses dans la prostate.
La biopsie consiste à prélever, sous anesthésie locale, des échantillons de la prostate avec une aiguille en passant par le rectum. Les échantillons sont analysés à la recherche de cellules cancéreuses. Il s’agit d’un examen désagréable, voire douloureux, qui peut être à l’origine de complications (sang dans les urines, le sperme ou le rectum, dans moins de 5% des cas). Plus rarement, il peut entraîner des infections ou une inflammation (moins d’1% des cas).
La biopsie présente elle aussi des limites : 20% des hommes ayant un résultat de biopsie négatif ont en réalité un cancer.
Sources :
Le dépistage du cancer de la prostate – Institut national du cancer
